S'installer à Porto Rico depuis la France, la Belgique ou la Suisse revient à s'installer aux États-Unis. Le statut de territoire non incorporé place l'immigration, la douane et la défense sous autorité fédérale, alors que la fiscalité et la vie quotidienne obéissent à des règles locales. Cette combinaison explique l'attrait de l'île pour certains contribuables américains et les obstacles rencontrés par les Européens.
Aucun droit de séjour automatique n'existe pour un citoyen de l'Union européenne ou de la Suisse. L'autorisation ESTA permet un séjour touristique de courte durée, sans travail ni installation. Un projet durable suppose donc un statut migratoire obtenu avant le départ, dans les mêmes conditions que pour un déménagement vers la Floride ou le Texas.
Les catégories les plus utilisées couvrent le transfert au sein d'une entreprise, l'investissement dans une société commerciale, l'emploi qualifié parrainé par un employeur et le regroupement familial. Les délais et les critères varient beaucoup selon la catégorie, et le recours à un avocat spécialisé se révèle fréquent. La carte de résident permanent ouvre seule un droit de séjour stable.
La loi 60 rassemble les dispositifs destinés aux entreprises exportatrices de services et aux investisseurs individuels. Les avantages profitent surtout aux citoyens américains, imposés autrement sur leurs revenus mondiaux, et supposent une résidence effective à Porto Rico pendant la majeure partie de l'année, l'achat d'un logement sur l'île et un don annuel à des organisations locales. Un ressortissant européen règle d'abord la question du visa avant d'envisager ces mécanismes.
Les prix de l'alimentation, de l'électricité et de l'assurance dépassent les niveaux européens, tandis que la fiscalité sur les salaires locaux reste comparable à celle du continent américain. Le marché du logement s'est tendu dans les quartiers côtiers de San Juan, où les loyers ont fortement augmenté depuis 2020.
La couverture santé passe par une assurance privée, souvent liée à l'employeur, avec des cotisations et des franchises élevées. Les familles francophones se tournent le plus souvent vers des écoles privées bilingues, faute d'établissement suivant le programme français sur l'île.
La présence française, belge et suisse demeure très réduite et se concentre autour de San Juan. Une association culturelle propose des cours et des rencontres, et la proximité de la Guadeloupe et de la Martinique entretient des liens réguliers avec l'espace francophone des Caraïbes.