La vie politique portoricaine ne s'organise pas d'abord autour d'un clivage entre droite et gauche. Le principal partage oppose des formations selon la relation qu'elles souhaitent avec les États-Unis, ce qui structure les campagnes, les alliances et le vocabulaire du débat public.
Trois positions dominent depuis plusieurs décennies, l'intégration comme État de l'Union, le maintien d'un régime autonome associé et l'indépendance. Cette grille ancienne coexiste désormais avec des préoccupations plus transversales, comme la corruption, la fiabilité du réseau électrique, la dette publique et l'émigration des jeunes actifs.
Le Parti nouveau progressiste, fondé en 1967, défend l'accession de Porto Rico au rang d'État fédéré. Ses dirigeants siègent aussi bien chez les républicains que chez les démocrates au niveau national. La formation a remporté le poste de gouverneur en novembre 2024 avec Jenniffer González-Colón, entrée en fonction en janvier 2025.
Le Parti populaire démocratique, né en 1938, a porté la création du Commonwealth en 1952 et a longtemps dominé la vie politique locale. Il défend une autonomie renforcée dans le cadre existant. Son résultat de 2024 constitue son plus mauvais score à une élection au poste de gouverneur, puisqu'il se classe pour la première fois en troisième position.
Le Parti indépendantiste portoricain, fondé en 1946, réclame la souveraineté pleine et entière. Le Mouvement Victoria Ciudadana, apparu à la fin des années 2010, met en avant la lutte contre la corruption, les services publics et les droits sociaux sans trancher la question du statut. Les deux formations ont présenté des candidatures communes en 2024 sous le nom d'Alianza de País.
Le scrutin du 5 novembre 2024 a réuni environ 64 % des inscrits. Jenniffer González-Colón l'emporte avec 41,2 % des voix, devant Juan Dalmau, candidat indépendantiste soutenu par l'alliance, avec 30,7 %, puis Jesús Manuel Ortiz pour le Parti populaire démocratique avec 21,4 % et Javier Jiménez, du parti conservateur Proyecto Dignidad, avec 6,4 %. Le siège de commissaire résident revient à Pablo José Hernández.
Le bipartisme hérité des années 1950 s'affaiblit nettement. Un candidat indépendantiste arrive en deuxième position pour la première fois depuis 1952, et les petites formations pèsent désormais sur les majorités à l'Assemblée législative. Une part croissante de l'électorat, en particulier chez les jeunes, panache ses bulletins plutôt que de voter pour une seule liste.