Le marché du travail portoricain se distingue par un taux d'activité parmi les plus bas des économies développées, alors que le chômage mesuré atteint des niveaux historiquement faibles. Cette apparente contradiction tient à l'émigration, au travail non déclaré et à la structure des revenus des ménages.
Un peu plus de 45 % des personnes en âge de travailler appartenaient à la population active en 2026, contre environ 62 % aux États-Unis. Ce taux était descendu sous 39 % en 2017. Le vieillissement de la population, la sortie précoce du marché du travail et l'ampleur des activités non déclarées expliquent une bonne part de cette faiblesse.
Le taux de chômage s'établissait autour de 5,6 % en 2024 comme en 2025, contre près de 8 % en 2021 et des niveaux à deux chiffres pendant la récession. Cette baisse résulte autant de la reprise du bâtiment financée par les fonds fédéraux que de la diminution de la population active.
L'administration territoriale, les municipalités et les entreprises publiques emploient une proportion de salariés nettement supérieure à celle observée dans les États continentaux. Les plans d'austérité approuvés par le conseil de contrôle budgétaire ont réduit ces effectifs, notamment dans l'éducation, sans effacer le rôle du secteur public dans l'emploi qualifié.
Le salaire minimum fédéral de 7,25 dollars de l'heure s'applique au territoire, mais une loi locale a porté le plancher à 10,50 dollars pour la plupart des salariés du secteur privé. Rapporté au revenu médian local, ce niveau reste élevé, ce que les employeurs invoquent pour justifier la faiblesse de l'embauche déclarée.
Plus de six millions de personnes d'origine portoricaine vivent sur le continent, davantage que sur l'île. La Floride, avec environ 1,3 million de résidents en 2024, a dépassé l'État de New York comme première destination. Quelque 400 000 habitants sont partis dans les mois qui ont suivi l'ouragan Maria de 2017, dont la moitié vers la Floride.
Une fraction importante des revenus provient d'activités non déclarées, dans la construction, la réparation, la restauration et les services à la personne. Ce phénomène fausse les statistiques d'emploi et prive le trésor local de recettes fiscales.
Une réforme adoptée en 2017 a allongé la période probatoire et réduit les congés légaux pour les salariés embauchés après son entrée en vigueur. Une loi votée en 2022 pour revenir sur ces mesures a été écartée par la justice fédérale, saisie par le conseil de contrôle budgétaire.