La société portoricaine combine des références latino-américaines et des habitudes venues des États-Unis, dans un équilibre qui varie selon les générations, le milieu social et le lieu de vie.
La famille dépasse largement le foyer et englobe grands-parents, oncles, cousins et parrains. Les grands-parents gardent souvent les enfants et les décisions importantes se discutent en groupe. Les repas du dimanche, les anniversaires et les fêtes réunissent régulièrement plusieurs dizaines de personnes. Les jeunes adultes quittent le domicile familial plus tard qu'en Europe, en partie pour des raisons économiques.
L'Église catholique a longtemps structuré la vie sociale, à travers les paroisses, les fêtes patronales et les sacrements. Depuis plusieurs décennies, les Églises évangéliques et pentecôtistes progressent fortement et rassemblent une part importante des pratiquants. Les enquêtes disponibles indiquent aussi une hausse des personnes sans affiliation religieuse, surtout parmi les plus jeunes. Des pratiques spirituelles héritées d'Afrique et du spiritisme subsistent en marge des Églises.
Les Portoricains sont citoyens américains depuis 1917, mais se définissent d'abord comme boricuas. Résidant sur l'île, ils ne votent pas à l'élection présidentielle et n'envoient au Congrès qu'un commissaire résident sans droit de vote. Cette situation nourrit un sentiment ambivalent, fait d'attachement pratique au continent et de revendication culturelle distincte.
Le drapeau, la musique, la cuisine et le sport servent de marqueurs collectifs. L'île dispose de son propre comité olympique et concourt sous ses couleurs, si bien que les victoires de ses athlètes prennent une portée qui dépasse le résultat sportif. Le succès international d'artistes comme Bad Bunny se lit également comme une reconnaissance de l'île elle-même.
Les personnes d'origine portoricaine vivant sur le continent américain sont plus nombreuses que les habitants de l'île. New York, la Floride centrale, le New Jersey et Chicago en concentrent une bonne part. Les déplacements se font sans visa ni formalité, et les envois d'argent, les visites d'été et les retours à la retraite maintiennent des liens serrés entre les deux rives.
Le voisinage joue un rôle très concret, particulièrement après les catastrophes naturelles. Au lendemain de l'ouragan Maria, des réseaux d'entraide locaux ont assuré la distribution d'eau, de repas et de matériel avant l'arrivée des secours officiels. Cette capacité d'organisation informelle est aujourd'hui revendiquée comme un trait de la société portoricaine.