La musique portoricaine

Porto Rico occupe dans la musique caribéenne une place sans rapport avec sa taille. L'île a produit des genres de tradition orale, une musique de salon savante et deux courants mondiaux, la salsa puis le reggaeton.

Bomba, racine africaine

La bomba naît dans les plantations parmi les populations d'origine africaine. Un chanteur lance un couplet, le choeur répond, et le danseur dialogue directement avec le percussionniste, qui suit ses gestes plutôt que l'inverse. Les barriles, tambours autrefois montés sur des tonneaux, portent le rythme. Loíza, Ponce et Mayagüez restent des foyers reconnus de cette pratique, en net regain depuis une vingtaine d'années.

Plena, chronique du quotidien

La plena apparaît au début du vingtième siècle dans les quartiers populaires de Ponce. On la surnomme le journal chanté parce que ses couplets racontent l'actualité du voisinage, un ouragan, une grève ou un fait divers. Elle se joue sur des panderetas, tambours sur cadre de trois tailles différentes, accompagnés du güiro.

Danza et musique de salon

La danza portoricaine se développe au 10-neuvième siècle dans les salons urbains, à partir de la contredanse européenne. Manuel Gregorio Tavárez et Juan Morel Campos comptent parmi ses compositeurs les plus joués. La Borinqueña, hymne officiel de l'île, appartient à ce répertoire.

Salsa et galaxie Fania

La salsa se cristallise à New York dans les années 1960 et 1970, au croisement du son cubain et d'un apport portoricain déterminant. Le label Fania, fondé en 1964, rassemble une grande partie des artistes du genre. Les chanteurs Héctor Lavoe et Ismael Rivera, le tromboniste Willie Colón, le percussionniste Tito Puente et, plus tard, Marc Anthony comptent parmi les noms attachés à cette histoire.

Reggaeton et scène urbaine

Le reggaeton se forme dans les années 1990 à partir du reggae en espagnol venu du Panama et du rap américain, sur le rythme dembow. Les premières cassettes circulent de main en main depuis les quartiers de San Juan. Daddy Yankee popularise le mot puis obtient un succès mondial avec Gasolina en 2004. Ivy Queen, Tego Calderón, Don Omar, Residente avec Calle 13 et, depuis 2017, Bad Bunny ont porté ce courant bien au-delà des Caraïbes.

Instruments du répertoire

Le cuatro, guitare à 10 cordes montées en cinq rangs doubles, sert d'instrument national et accompagne la musique de montagne, dite jíbara. Le güiro, calebasse striée que l'on gratte, et les maracas viennent du monde taïno. Les barriles de bomba et les panderetas complètent la famille des percussions.

Festivals et scènes

Le festival Casals, créé en 1957 par le violoncelliste Pablo Casals, installe chaque année la musique classique à San Juan. Les fêtes patronales et les carnavals offrent partout ailleurs des scènes aux formations traditionnelles.